ADIEU MON COMMANDANT, Alfred GUEDENEY

 

Alfred Théodore Hippolyte Guédeney, Lorrain de naissance, est décédé en octobre 1958 à Saint-Priest Ligoure. L’occasion de la publication de son livre à titre posthume, les éditions EDHISTO nous permettent de nous replonger dans vie d’un de nos illustres citoyens. « Adieu mon commandant où le souvenir d’un officier » est un ouvrage de 346 pages, 273 illustrations, 60 planches, 6 cartes, index enrichi des cahiers couleurs de la campagne photographique de l’auteur

Prix unitaire : 25 € (port en sus – 5 €) – ISBN 978-2-35515-028-9 L’ouvrage est à commander auprès des éditions EDHISTO

Adresse 146 rue de la Creuse, Hameau de Saint-Blaise, 88 420 MOYENMOUTIER (Vosges) T 03.29.41.97.42 – F 09.79.94.51.88

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Bibliographie

Alfred Théodore Hippolyte Guédeney est né le 18 avril 1872 à Vrécourt dans les Vosges d’un père comptable dans une grande entreprise parisienne de matériel ferroviaire. Après des premières études à Remiremont, qu’il poursuit à Paris au lycée Condorcet, il obtient un baccalauréat es sciences. En 1890, âgé tout juste de 18 ans, il s’engage dans l’armée malgré une constitution jugée un peu délicate. Il proclame qu’il n’a « jamais envisagé une autre carrière que celle de soldat. » Sa vocation trouve son origine dans la guerre franco-prussienne, pendant laquelle son père a servi dans les zouaves de la garde impériale. Son enfance, passée à Remiremont, près de la frontière imposée par le traité de Francfort, est fortement impressionnée par les récits de ses parents évoquant « sans cesse les évènements de l’année terrible, l’invasion, l’occupation allemande, l’humiliation de la France ». Sorti de Saint-Cyr en 1892 avec un classement honorable – dans la même promotion que les généraux Serrigny et de Lardemelle -, il entre en 1897 à l’école supérieure de guerre, formation indispensable pour accéder aux plus hauts grades de l’armée française…

Habitué à l’écriture depuis son plus jeune âge, il a conservé les traces épistolaires et testimoniales de toute sa vie, couvrant les pages d’un corpus original de 6 cahiers soit 1 500 pages couvrant la période 1892-1945. Le texte est écrit dans un style simple et clair, facile à lire, un peu influencé bien entendu par le langage militaire. Alfred Guédeney s’est le plus souvent limité à rapporter les évènements dont il a été témoin direct ; aussi, il se livre peu, privilégiant l’Histoire à l’ego-histoire. Son œil « autorisé » et sa plume experte font dire à Denis Rolland, qui présente cette œuvre, que son témoignage aurait été retenu par Jean-Norton Cru, contenant en ses pages « la vérité du témoin ». Car Guédeney a vécu la guerre : dans la bataille des frontières, la tranchée comme au front-arrière et à l’arrière-front, dans divers échelons d’états-majors comme dans la guerre de mouvement. Mais il n’est de ceux-là qui usaient du calcul, de la coterie ou de l’embuscage : « Alfred Guédeney n’aime guère les hommes politiques et affiche des idées conservatrices. Il n’a pas de mots assez durs pour qualifier l’action des parlementaires qui, selon lui, sont à l’origine de toutes sortes de difficultés que rencontre l’armée française. (…) Le jeu des partis et les luttes pour le pouvoir ne cessent pas durant le conflit, si bien que la majorité des officiers a parfois l’impression que l’intérêt du pays passe au second plan. Il y avait donc un véritable fossé entre les parlementaires et les militaires. »

Aussi, doit-on être étonné de la qualité de son écriture ? : « Lorsqu’on se plonge dans ses souvenirs, on est surpris par la précision du récit. La comparaison avec les journaux de marche et opérations des unités auxquelles a appartenu Guédeney est édifiante. Ces derniers paraissent en effet sans grand intérêt. Il en est de même lorsque, chef d’état-major du 1er corps d’armée, il rédige lui- même le JMO ». Est-il pour autant un officier proche de ses hommes, aimé d’eux ? Denis Rolland analyse : « On le voit tout au long du texte, Guédeney est proche de ses hommes, qu’il désigne souvent comme « mes braves gens ». L’expression peut paraître condescendante. Il ne faut pas s’y tromper, il s’agit bien d’une réelle proximité rendue possible par la modestie de l’auteur, par ailleurs soucieux du moral de ses hommes. Pour cela, il sait qu’il faut leur inculquer l’esprit de corps indispensable à la cohésion d’un groupe. Il s’oppose parfois aux ordres supérieurs qui conduiraient à « faire massacrer » ses chasseurs. Tout en mettant au premier plan la discipline, il ne néglige aucun moyen pour maintenir ou relever le moral de ses combattants ». Enfin, l’un des attraits de ces mémoires est de suivre l’évolution de la « machine de guerre ».

On pourra retenir du témoignage d’Alfred Guédeney un récit passionnant de l’engagement d’un bataillon de chasseurs et de son chef dans une guerre qui a désorienté tous les états-majors. Les problèmes de commandement et de relations avec les hommes y sont évoqués avec une rare acuité. Au fur et à mesure qu’il monte dans la hiérarchie, le témoignage se transforme et devient moins proche des hommes, plus sensible aux rumeurs. En revanche, il nous permet de mieux comprendre le poids du haut commandement, avec ses défauts et ses qualités, dans les destinées de la guerre. Jamais loin des Vosges, chasseur dans l’âme, une carrière militaire impressionnante

 

Mort à Saint-Priest-Ligoure (Haute-Vienne) le 24 octobre 1958.

 

Guy COSTA Écrit par :

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